Troisième vague du Baromètre de l’Alternance : un dispositif qui a trouvé son rythme de croisière

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Après deux premières vagues riches d’enseignements témoignant de la forte embellie de l’alternance en France, la Fondation The Adecco Group, Walt et le cabinet Quintet Conseil, avec l’appui de BVA People Consulting, ont choisi de renouveler à nouveau l’Observatoire de l’Alternance pour proposer un état des lieux et des axes de réflexion sur le dispositif de l’Alternance dont le rythme semble se stabiliser.

L’enquête a été réalisée du 23 octobre au 7 novembre 2023 par BVA People Consulting auprès d’un échantillon représentatif de 625 professionnels décisionnaires ou co-décisionnaires des sujets liés au recrutement et de 504 alternants ou ex-alternants.

La satisfaction autour de l’alternance continue sa progression malgré l’explosion de ces dernières années   

L’appréciation de l’alternance, est toujours à un niveau très élevé : 90% des entreprises (+2 points) et désormais 91% des alternants (+4 points) sont satisfaits de leur période d’alternance. Les alternants sont même 45% à se dire « très satisfaits » de cette période, soit 13 points de plus par rapport à il y a deux ans.  Cette poussée du niveau de satisfaction des alternants s’explique par une part toujours plus importante d’étudiants de l’enseignement supérieur qui restent les plus satisfaits (98% en bac +2).

Ainsi, les entreprises comme les élèves/étudiants recommandent encore plus qu’auparavant ce dispositif à d’autres entreprises ou à leur entourage. Ils accordent respectivement une note moyenne de 8,3 (+0,4) et de 8,4 (+0,4) à l’alternance au niveau global.

Des hardskills mieux maîtrisées et intégrées par les étudiants que les softskills                                   

Les compétences techniques des étudiants sont appréciées par une part prépondérante d’entreprises (79%).

D’un côté, les entreprises accueillantes estiment avant tout qu’elles apportent des compétences techniques (77%) aux alternants en complément d’une découverte de la vie en entreprise (73%) ou du métier (71%). De l’autre, cette vision est partagée par les alternants qui estiment également que les compétences techniques sont le premier apport des entreprises (66%) devant la vie et les relations en entreprise (53%).

Cet apprentissage de compétences techniques en entreprise ne se fait sans l’appui des savoirs transmis en classe. En effet, 72% des entreprises et 85% des alternants considèrent que l’école forme bien les étudiants et élèves aux « hard skills » nécessaires. Le niveau de satisfaction des apprentissages est moindre pour les « soft skills » ou compétences humaines bien que satisfaisant (64% des entreprises et 77% des alternants).

Pour les étudiants, le choix de l’alternance est dual pour à la fois augmenter son employabilité et pouvoir gagner de l’argent

Tout comme les entreprises, les étudiants et élèves apprentis choisissent l’alternance pour deux causes qu’on ne peut isoler. En effet, l’environnement économique et social des deux dernières années marqué par l’inflation et les tensions de recrutement ne doit pas être perdu de vue. D’un côté, le souhait d’acquérir une première expérience professionnelle n’a jamais été à un tel niveau (45%, + 8 points en un an) et de l’autre, le fait de pouvoir toucher un revenu tout en continuant ses études est le premier critère affiché pour 43% des étudiants (+5). De plus, ils sont plus d’un tiers à estimer que leur recherche d’emploi sera ensuite facilitée (38%, +4).

Par ailleurs, il convient de noter la forte progression cette année de la part d’alternants choisissant ce dispositif pour se reconvertir ou changer de secteur (23%, +5).  Ce choix de parcours se retrouve plus particulièrement parmi les apprentis en CAP (33%) et de plus de 25 ans (36%).

Pour les entreprises, le choix de l’alternance répond à des besoins de recrutement et de fidélisation toujours plus importants en raison des tensions sur le marché de l’emploi

Plus encore qu’avant, le besoin en ressources humaines prime devant tous les critères. Ainsi, une entreprise sur deux (51%) déclare désormais avoir recours à l’alternance pour former de nouveaux salariés et ainsi les fidéliser à moyen-terme (+8 points en un an) et près de 3 sur 10 (29%) pour embaucher sur des métiers présentant des difficultés de recrutement (+6 points en un an). Ce bond illustre les difficultés toujours plus grandes des entreprises à trouver et garder en poste des recrues adaptées à leurs emplois.

L’intérêt humain et organisationnel de l’alternance est bien évidemment à mettre en balance avec l’intérêt financier de ce type de contrat. En effet, 43% des entreprises reconnaissent que cela leur permet d’embaucher tout en maîtrisant les coûts salariaux (+6 points) bien que la part d’entreprises cherchant à bénéficier des aides exceptionnelles de l’Etat est en recul (24%, -6 points). La réponse apportée par l’alternance aux difficultés de recrutement et à la fidélisation est particulièrement prégnante dans les entreprises de 50 à 250 salariés, moins visibles et renommées que les entreprises de plus de 250 salariés selon les bassins d’emploi.

Ces difficultés de recrutement sont parfois telles qu’une partie des entreprises se détournent des contrats d’alternance par manque de candidats (un tiers des entreprises ayant arrêté d’embaucher des alternants), et plus spécifiquement sur les niveaux CAP et bac professionnel.

Le manque de candidats est en train de devenir un frein significatif pour le développement de l’alternance

Trois entreprises sur quatre (77%, -2) ont, cette année encore, rencontré des difficultés à l’embauche. Ces freins se concentrent au fil des années de plus en plus autour de la difficulté à trouver les candidats adéquats pour une entreprise concernée sur deux (50%, +7) quel que soit le secteur ou la région.

Du côté des alternants, ce sont plus de 3 élèves ou étudiants sur 4 (75%) qui ont rencontré une ou plusieurs difficultés lors de leurs recherches d’alternance, un chiffre stable par rapport aux années précédentes. Comme pour les entreprises, les difficultés se cristallisent en miroir autour de la recherche d’une entreprise d’accueil (44%, +5), Le manque de connaissance des différents dispositifs d’alternance (11%, -8) constitue, lui, un frein de moins en moins significatif.

Une insertion professionnelle qui se confirme sur la durée

Comme les deux années précédentes, la capacité d’insertion des jeunes diplômés grâce à l’alternance ne fait pas l’ombre d‘un doute pour la quasi-totalité des entreprises (95%). Dans le détail, l’insertion dans l’emploi reste dans la même fourchette que précédemment : 80% des interviewés sont en poste aujourd’hui (-4). De plus, ces ex-alternants en poste le sont majoritairement en CDI (58%, -4). On note juste une légère progression des demandeurs d’emploi (13%, -2) après la forte embellie sur le front de l’emploi l’année dernière.

Cette bonne insertion est toujours soutenue par près d’une entreprise sur deux recrutant leur(s) alternant(s) après leur période de formation. Pour les autres, l’absence de recrutement est le plus souvent en lien avec les aspirations des alternants, qu’ils veulent simplement quitter l’entreprise (34%) ou qu’ils aient trouvé un autre emploi (34%).

Parmi les alternants en poste actuellement, on note un peu plus d’incertitude qu’auparavant avec des espoirs d’embauche en recul (51%, -25) en raison d’une part d’étudiants n’étant pas capable de savoir si des possibilités d’embauche sont envisageables.  

Des ruptures de contrat en recul au sein d’une assiette d’alternants qui grossit et se diversifie d’année en année

Si le niveau de rupture est stable pour les entreprises, ce ne sont désormais plus que 14% des alternants qui déclarent avoir eu recours à des ruptures de contrat en cours d’alternance. D’après les alternants interrogés, celles-ci auraient tendance à être plus courantes parmi les élèves préparant un CAP (27%).

Les témoignages des deux parties semblent se cristalliser sur une raison principale des deux côtés  : les entreprises estiment de plus en plus que l’alternant n’a pas donné satisfaction dans la réalisation dans son comportement (61%, +7) alors que les alternants déclarent qu’ils ne souhaitaient tout simplement plus rester dans l’entreprise (48%, +10).

 

Observatoire de l’alternance – 3eme vague – Synthèse des résultats