Les Français et la formation professionnelle en 2024 : entre opportunités et appréhension face à l'IA

Pour la cinquième année consécutive, VISIPLUS Academy dévoile les résultats de son enquête sur la formation professionnelle réalisée par BVA People Consulting auprès de 1 000 actifs de 18 ans et plus, y compris les demandeurs d’emploi.

L’intérêt pour la formation professionnelle et la reconversion professionnelle toujours à des niveaux élevés chez les actifs français                                                                                           

Au cours des douze derniers mois, la proportion des actifs ayant engagé au moins une démarche en faveur de la formation, que ce soit en se renseignant, en ayant trouvé une formation, en suivant une formation ou bien en étant déjà inscrit à une formation est stable par rapport à 2023 (29%, soit plus 1 point vs 2023). Plus précisément, cet intérêt est plus marqué chez les plus jeunes avec les 18-24 ans (42%, au global) et les 25-34 ans (41%) et d’un point de vue catégorie socio-professionnelle, ce sont les cadres (37%) qui se distinguent. Ainsi, des disparités sociales et générationnelles apparaissent en ce qui concerne l’aspiration à la formation.

De même que les projets de formation, la part d’actifs reconvertis, en cours de reconversion ou envisageant une reconversion reste stable par rapport à 2023 (47%, + 1 point), cela confirme la baisse de l’engouement pour la reconversion professionnelle par rapport aux années de crise sanitaire (2020-2022). Le phénomène est particulièrement générationnel, plus de la moitié des actifs âgés de 25 à 34 ans (58%) ont déjà réalisé ou envisagé une reconversion professionnelle tandis que ce phénomène ne concerne que 39% des actifs âgés de 50 à 64 ans.

Globalement, la principale motivation pour suivre une formation se matérialise à nouveau par le désir de développer ses compétences (29% en premier choix), une intention en baisse de 7 points par rapport à la précédente vague. Il cède du terrain à l’envie d’une évolution professionnelle, mentionnée par 15 % des répondants, en hausse de 4 points. Cette évolution pourrait s’expliquer par une préoccupation croissante des Français concernant leur pouvoir d’achat, reflet d’une pression économique accrue sur les ménages.

De façon structurelle, la baisse du niveau d’information sur les dispositifs de formation se confirme cette année, avec toujours moins d’un actif sur deux qui pense être bien informé (44%, -2 points), soit un score en chute de 9 points par rapport au niveau maximal atteint en 2022. C’est d’autant plus préoccupant que les classes d’âge se considérant comme les moins bien renseignées sont en deuxième partie de carrière (57% des 35-49 ans et 61% des 50-64 ans se disent très mal informés) alors même qu’ils sont les plus susceptibles d’avoir besoin de formations. Ce résultat peut être révélateur d’une moindre mise en avant du sujet après plusieurs années où le sujet de la formation était central dans la société civile et dans la communication du Gouvernement et des agences d’Etat.

Enfin, les dernières évolutions réglementaires en termes de financement des formations ont des conséquences sur les projets de formation comme le prédisait la précédente vague de l’enquête en 2023. Ainsi, près d’un actif sur deux (48%) envisage de décaler voire de remettre en cause son projet de formation en raison de la loi instaurant un reste de 100 euros sur les formations financées par le CPF. L’impact de cette loi est d’autant plus marqué chez les actifs qui ont entamé des démarches pour se former (57%) et ceux qui ont commencé à se renseigner pour se former (65%).

Intelligence Artificielle et emploi : se former pour mieux s’adapter ?                                                  

La majorité des actifs ont une connaissance au moins minime de l’intelligence artificielle, on ne comptabilise que 20% des actifs n’ayant aucune connaissance sur le sujet. Cette connaissance de l’IA est toutefois très graduelle : 14% en ont vaguement entendu et 40% en ont entendu parler en dehors de leur travail que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Seul un quart des actifs interrogés (26%) en ont entendu parler dans le cadre de leur travail : 21% avec des collègues et 5% travaillent déjà avec l’IA.

La connaissance et l’utilisation de l’intelligence artificielle varient en fonction de la catégorie socio-professionnelle, de l’âge, du secteur entre autres. Concrètement, plus de la moitié des cadres (53%) et plus d’un tiers des actifs de 25 à 34 ans (38%) travaillent ou ont entendu parler de l’IA au sein de leur entreprise, alors que cela concerne une minorité des 50-64 ans (20%) et des ouvriers (11%).

Environ un tiers des actifs pensent que l’IA pourra rendre leur travail plus intéressant (35%), d’autres plus valorisant (28%). Les principaux avantages liés à l’IA perçus par les actifs sont le gain de temps (72%) et de précision (35%), ainsi que l’automatisation de certaines tâches routinières (49%).  Cependant, l’essor de l’IA suscite des inquiétudes chez certains actifs notamment en ce qui concerne le remplacement de certaines tâches (42%), De plus, une part non négligeable des actifs craint la suppression de leur emploi par l’IA (31%).

D’autres interrogations voire préoccupations émergent concernant certains aspects de l’IA, notamment la diminution des relations humaines (45% dont 48% des femmes) et la suppression de certains emplois (41%) pour près de la moitié des actifs.

Voir l’infographie de l’étude sur le site de Visiplus Academy :  https://academy.visiplus.com/barometre-formation-pro-2024